L’Ego-silleur*

AVERTISSEMENT : Il n’est absolument pas question de s’attaquer à la vie privée du maire mais à sa façon de gérer la municipalité et au personnage politique qu’il tente d’incarner

L’Ego-silleur*

Il était une fois, un monarque qui régnait dans une contrée (pas si) lointaine.

Il s’appelait Ego-silleur*.

Ego (pour les intimes) n’impliquait jamais ses ministres, si bien qu’ils n’existaient que par son bon vouloir. Il avait donc sur eux droit de vie (publique) ou de mort (publique) et n’hésitait pas à renvoyer dans leur foyer les ministres qui ne s’étaient pas suffisamment prosternés devant lui.

Ego parlait sans cesse et sa cour se demandait souvent avec qui il pouvait bien passer des heures entières à discuter. Tous se posaient de nombreuses questions et pensaient qu’il s’adressait à ses ministres qui ne lui répondaient jamais, jusqu’au jour où ils comprirent que l’Ego-silleur* s’entretenait avec Moi-Je, son double en quelque sorte, que seul le monarque pouvait apercevoir…

 

L’Ego-silleur* n’aimait pas ses vassaux. Il ne les recevait jamais. Il était bien trop occupé à écouter son côté obscur de la Force qui lui dictait de construire des logis partout.

Ego décidait toujours seul car bien évidemment il craignait les retombées d’une concertation avec les habitants. Il  aimait beaucoup les grands projets et avait décidé qu’il serait bon de bâtir un logis qui puisse accueillir tous les jeunes enfants dont les parents devaient travailler durement pour remplir les caisses du royaume.

La politique de l’Ego-silleur* regorgeait d’ingéniosité pour calmer les esprits qui de plus en plus s’échauffaient : le peuple criait haut et fort que ce n’était pas lui qui avait été élu.

Aussi, à la chaude saison, on faisait venir quelques ménestrels réputés qui faisaient chanter et danser les foules. La population des contrées voisines se déplaçait toujours,  sachant que chez ce seigneur, le spectacle était toujours assuré ; puis, le soir venu, de savants feux d’artifices illuminaient les yeux de tout ce peuple venu de si loin.

A la Noël, Ego voulait de nouvelles lumières pour faire briller de mille feux les alentours de son palais. “Le peuple sera émerveillé et oubliera que c’est avec son argent que j’ai tout payé”, pensait-il.

On dit, depuis, que dans cette contrée, la morosité s’est installée chez les braves habitants.

On chuchote aussi que la promesse d’un jour nouveau pourrait pointer son nez à l’horizon et que le monarque et son Moi-Je pourraient bien partir avec le tout-à-l’égo–…

L’Ego-silleur* : en politique, personnage de fiction qui s’évertue à crier “Moi-Je” à la moindre occasion